une autre terre

 
 
 
" Vers une autre terre,
au pays où ne règne
que la lumière "
Rûmi
 
 
***
" C’est la relation
qui illumine l’être "
*
 
 
" L’homme est une création
du désir, non pas une
création du besoin "
*
 
 
" Celui qui trouve sans chercher
est celui qui a longtemps
cherché sans trouver. "
*
 
 
Gaston Bachelard

chercher ailleurs...

Publicité

bienvenue à toi pèlerin

   Miss Pioui te convie* à la conversactive 
dans son élaboratoire d’alterégocité. 
Si le cœur t’en dit, 
joins-toi aux activacteurs,
viens accouchérir de nouveaux cosmondes.

... pour suivre le fil piwesque, inscris-toi à la news-letter...
 
 
*Âmes peu sensibles s’abstenir, merci d’avance. 
 
 

& Cosmondistes News...

Vendredi 8 février 2008
le MAG 1 des cosmondistes réunis

 
&
Info ou Intox ?
&


 
Intense panique dans les milieux autorisés. Selon un rapport remis en secret hier à tous les dirigeants de ce monde, par un haut comité rassemblant de prestigieux scientifiques, chefs spirituels, philosophes, astrologues, artistes, érudits issus de tous les continents, nous serions à partir de maintenant, 1e janvier 008 dans l'incapacité totale de prédire quoi que ce soit avec certitude. Des lois physiques nouvellement découvertes introduisent un principe d'incertitude qui rend le réel infiniment plus impalpable que nous ne l'imaginions jusqu'à présent. Aucune prophétie ne dessine désormais la plus mince bribe de probabilité future. Les astres eux-mêmes deviennent imprévisibles. Les spécialistes n'y comprennent plus rien et se demandent avec angoisse s'il s'agit d'un bon ou d'un mauvais présage.
&
&
&
Certains intellectuels ont déjà prononcé de pieux avertissements, dénonçant les graves dérives susceptibles de nous déborder. " C'est la porte ouverte à la pagaille, à l'anarchie, à la révolution. Si plus personne ne sait à l'avance à quoi s'attendre, on peut craindre le pire. On se mettra à croire n'importe qui, n'importe quoi du moment que l'on peut encore croire à quelque chose. Il nous faut fermement et promptement réagir, proposer de nouveaux garde-fous, être les premiers à ouvrir la voie. Si nous ne contrôlons pas la situation, nous sommes perdus, nous partirons à la dérive, tout ce que nous avons si laborieusement bâti aux cours des siècles sera balayé. Il ne restera plus rien de ce pour quoi nous nous sommes battus au péril de nos vies. Ce sera la fin de notre monde ", clame le professeur Finkrott dans les pages Loisirs du prestigieux Colyseum du palais.
&
&
&
A contre-courant, l'un d'entre eux, agitateur marginal bien connu des services d'ordre comme des nébuleuses alternatives, Yam Glad imagine une société qui engagerait des paris là où autrefois elle faisait des sondages et des prévisions, où on miserait sur pluie, vent ou soleil, sur tombée du jour ou de la nuit, sur fonte des glaces, chômage et pouvoir d'achat, sur libertés, droits et devoirs, valeur des êtres ou des idées et des marchandises... Il dépeint un monde où l'on ne jouerait plus sa vie qu'à quitte ou double, exclusivement livré au hasard et à la providence, une existence somme toute sans filet… Tous les ingrédients pour épouvanter le bourgeois !
&
&
&
Le Colysée s'est d'ailleurs empressé de publier un communiqué qui dément formellement ce qu'il qualifie de pseudo-info comme il en fleurit chaque jour des milliers sur la Toile. " Ne vous laissez pas manipuler par les lobbies anarcho - new age, qui essayent de miner le système par les moyens les plus insidieux et les plus pervers. Le Prez vous invite solennellement à résister aux sirènes du doute. Soyez patriotes, nom de dieu ! Tenez-vous droit dans vos bottes, n'écoutez pas les Aspirapsy, et nous nous chargerons du reste. Dormez en paix, le Prez veuille sur son peuple, de jour comme de nuit." a déclaré au petit jour le porte parole du Prez sous les colonnes du Colysée.
&
&
&
Attaque non dissimulée à l'endroit de MAG 1 et de ce que nous représentons pour eux : un dangereux ferment déstabilisateur qu'ils rêvent d'éradiquer. Quand j'entends : droit dans mes bottes, une seule image s'impose : des talons claquent, des mains se lèvent sur ordre, ça marche au " pas de loi ", des coups de feu déchirent un silence de mort.
Ecoutez-moi bien Prez, le doute, c'est ma conscience en marche, j'y tiens encore plus qu'à la prunelle de mes yeux et à ma paire de joyeuses.
&
&
&
Bon, il est temps que je me présente, Jaimie Bigourde anarcho - allumée, en roue libre… Non, je plaisante, veuillez m'excuser. En vrai, je préfère taire mon nom, il ne présente aucun intérêt ici. Disons que je suis le porte parole d'un cercle de cosmondistes comme il en existe une multitude sur la planète Terre. Nous avons en commun d'inventer de nouvelles formes, de nouvelles manières, de nouvelles relations… Nous sommes en effet un ferment actif au cœur des sociétés ; tout contre-exemple, prototype inédit, ou technique innovante peut on ne sait ni pourquoi ni comment soudain faire boule de neige, suivre sa propre logique, imperturbable et s'imposer de soi-même – clair comme de l'eau de roche.
&
&


Allez Byeeeeee, à la prochaine… 

Par pioui
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 23 février 2008
 
 
Ava est devenue une authentique fille des collines, une parfaite petite sauvageonne, c'est proprement stupéfiant ! Personne n'irait imaginer aujourd'hui qu'elle puisse être venue d'ailleurs, qu'elle ait connu une autre vie, dans un monde qui n'est peut-être que virtuel. Je me sens en droit d'affirmer qu'Ava est véritablement née dans nos collines luxuriantes, sous le regard attentif et ému des biches, des lapins, des écureuils et de nous autres, les singes à visage d'homme qui pullulons dans cette contrée.

 
Il est tout à fait envisageable qu'Ava se soit réveillée en douceur dans une autre réalité : notre cosmonde d'Aimutant. Certains ont prétendu qu'un sortilège propre à la nature l'avait rendu tout à fait amnésique alors qu'elle courait, qu'elle courait, qu'elle courait… en quête d'elle-même dans la prairie ébouriffée. Ava, l'esprit vierge, aurait ainsi pu renaître et grandir au naturel, en herbe folle, sans programme ni tuteur. Mais ce ne sont, j'en conviens, que de vagues suppositions.
 
Elle a grandi si vite ! Comme si elle était dotée d'un mode " étoile filante "… Il est temps qu'elle intègre notre noble cercle des Airmuts. Je n'ai que trop tardé, je m'émousse, je deviens sentimental, c'est maintenant le moment d'agir.
 
 
***
 
Granpas s'approche, il m'observe curieusement ces jours-ci, comme s'il ne m'avait encore jamais vu et qu'il tentait de déchiffrer mon âme. Parfois, je surprends un soupçon de larme dans son regard voilé, je file alors me jeter dans ses bras et je me mets à l'épouiller, avec force gestes outrés et grimaces horribles, jusqu'à lui soutirer un beau sourire, franc et honnête.
 
Aussi loin que je me souvienne, je sens la présence de Granpas dans les environs, le plus souvent je l'aperçois à l'extrême limite de mon champ de vision. Granpas et moi, c'est l'histoire d'un perpétuel jeu de cache-cache, d'une course poursuite, d'un jeu de pistes. Il ne sait jamais quoi inventer pour m'attirer un peu plus loin, là où j'ai peur d'aller, là où je brûle d'aller voir par moi-même mais où je n'ose m'aventurer. Granpas se débrouille toujours pour ne pas être là où je l'attends. C'est sa marque de fabrique, je devrais dire son art, celui du déguisement, de la ruse, de la malice, le grand art du " prendre par surprise ".
 
Granpas dit que nous sommes une société parallèle, alternative et expérimentale, que nous inventons ici de nouveaux modes d'être et de vivre, tous inspirés de l'esprit " ensemblable ", qui un jour serviront de modèles ou de sources d'inspiration pour d'autres peuples que le nôtre. Etant donné que personnellement, je ne connais aucune autre société, ni aucun autre peuple je ne sais pas au juste ce qu'il veut dire par parallèle ou alternatif. Quand à l'esprit " ensemblable ", nul ne peut l'ignorer car c'est l'idéal qui fonde notre compagnie, comme le claironne notre devise : " Ensemble – Assembler – En semblable ". Quoiqu'il fasse, un Aimutant est irrésistiblement attiré par la fusion transsemblable, c'est d'ailleurs à cela qu'on peut le reconnaître.

 
***
 
Ava ignore qu'elle est prête pour une nouvelle mue. Elle ne réalise pas encore l'étendue de ses possibilités, de ses connaissances et de ses forces. Elle est capable de bien plus et bien mieux que ce qu'elle s'imagine. Si je ne l'aiguillonnais pas un peu elle aurait tendance à se la couler douce et à s'assoupir. Le temps de l'insouciance s'achève, petite Ava est devenue grande. Tu peux maintenant voler de tes propres ailes et initier ton propre cycle d'Airmut.
 
***
 
Granpas devient vraiment impénétrable. J'ai l'impression qu'il mijote à mon intention une farce d'un nouveau genre. Son regard me jauge, m'évalue, me soupèse, j'en suis sûre. L'air de ne m'apercevoir de rien je reste en éveil, j'ouvre l'œil, j'écoute, j'observe, moi aussi. La jeune vierge n'est pas si naïve que ça, sous cape elle se moque du vieux singe. Nous verrons bien qui surprendra qui !
 
***
 

J'ai convoqué le noble Cercle pour leur annoncer ma décision d'introduire Ava parmi les Airmuts. Comme je l'avais prévu, elle est acceptée par tous sans exception et sans discussion, 11 voix pour, 0 contre. Il est convenu que la célébration débutera quand la lune sera ronde, Ava devra partir seule trois jours et trois nuits afin de découvrir son lieu de pouvoir. C'est à cet endroit précisément qu'elle devra fonder sa propre compagnie d'Airmuts, mais cela, nous lui apprendrons plus tard.
 
***
 
A voir la mine réjouie de Granpas, j'en déduis que sa petite stratégie pour me mettre à l'épreuve est maintenant au point. Cette nuit dans un rêve, encore plus réel que le réel, je me regarde, seule à la cime d'un arbre gigantesque. Il est si haut que ma vision embrasse la terre entière, mais moi je cherche un point extrêmement précis, mon regard quadrille tout l'espace visible… Longtemps, très longtemps plus tard, je sursaute, un étrange miroitement aimante mon regard, puis il me semble discerner un geyser de vapeur d'eau. De joie, je pleure toutes les larmes de mon corps. Puis tout change. Au soleil, les masses d'eau s'évaporant, embrument très légèrement l'atmosphère, je me regarde maintenant semant des graines airmutes dans un vallon bordant un torrent bondissant. Je suis l'esprit gardien du lieu.   

 
***
 
Ce matin, Ava a soudain surgi d'un fourré et s'est jetée sur mon dos en éclatant de rire. C'est la toute première fois qu'elle parvient à me surprendre, et naturellement elle n'a pas cherché à dissimuler sa joie. Nous savons maintenant tous les deux qu'elle est prête à relever le défi. " Qui s'aime se suive " comme disent les Airmuts…
 
***

 

 

Par pioui
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 24 février 2008
 
Les innovations majeures du TP

Un Seuil Critique De Pollution Mentale A Eté Enregistré Sur La Terrestre :

L'alerte a été donnée ce jour de l'Observatoire des Productions et des Effets de la Pensée (OPEP) :

Peu d'entre nous ont entendu parlé des récentes découvertes du Professeur N. Pipistrelle et de son Capteur des PEP. Il permet aujourd'hui de constater les effets dévastateurs de nos pensées sur la création du monde sensible dans lequel nous vivons.

Toutes les pensées diffusées en permanence par nos cerveaux s'attirent et se rassemblent par affinité. On pourrait dire simplement, qu'elles se regroupent en 2 grandes familles principales ; pensées d'amour et pensées de peur. On pourrait figurer ces 2 familles, comme deux immenses réservoirs que viennent remplir nos pensées dès qu'elles émanent de nous. 

En analysant sur une longue période les tracés du Capteur PEP, on s'aperçoit des dégâts causés par l'information de masse : après certains journaux télévisés, des seuils critique de Pollution Mentale sont enregistrés, en particulier dans les zones les plus sensibles. On a pu les mettre en corrélation avec l'éclatement soudain de conflits, d'épidémies ou de tremblements de terre, à l'instant où le réservoir des peurs (RP) commence à déborder. 

A l'inverse, on enregistre, après certains grands événements qui éveillent la solidarité, la compassion ou la communion de masse, un abaissement soudain de la pollution, à l'instant où le réservoir d'amour (RA) déborde. On assiste alors à la signature de traités de paix, à des découvertes scientifiques majeures, à des guérisons spontanées.

Le professeur Nature Pipistrelle lance un signal d'alarme : 

" La lutte contre la Pollution Mentale est la responsabilité personnelle de chaque citoyen du monde. Un afflux supplémentaire de pensées de peur pourrait faire basculer la planète dans un chaos indescriptible. Une question devient Priorité Absolue pour chacun d'entre nous: lequel de ces 2 réservoirs alimentons-nous ? " 

Mais le professeur n'est pas quelqu'un à entretenir la peur, au contraire, N. Pipistrelle démontre qu'il existe un remède accessible à tous les humains. Des enregistrements incompréhensibles du Capteur PEP l'ont conduite à faire des recherches sur le terrain, sur les traces d'un phénomène encore inexpliqué, dans une minuscule zone du pays cévenol. D'une arrière-boutique émanent en continu des messages diffusés en Pensée Courbe. On constate à cet endroit, que toute pensée de peur entrant dans le champ de la pensée courbe se trouve attirée dans le cercle et est immédiatement neutralisée. On note là-bas, un degré de Pollution Mentale quasi inexistant. " 

Le professeur Pipistrelle invite tous les citoyens du monde à intégrer la Pensée Courbe comme protection absolue contre toute tentative de manipuler la pensée. Elle demande à tous ceux décidés à répandre la Pensée Courbe, de la rejoindre au Front De Libération De La Pensée, dont elle est la fondatrice.

De Notre Epagneul Spécial, Ninon Piscator, En Dirham De L'OPEP
Par nature
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 24 février 2008
 
ou Réenchantons la vie
 
 
En ces temps-là, depuis longtemps déjà les dieux des ancêtres avaient été tous sacrifiés sur l’autel de la Science, de la Raison et du Progrès.
  
Les hommes emportés d’allégresse, sentant venir enfin leur libération se lièrent pieds et poings à ces nouveaux dieux si exigeants. Certes il fallut sacrifier amour et respect pour la terre nourricière, pour les animaux, pour les éléments, sacrifier l’amour et le respect dus aux ancêtres, renoncer aux légendes fabuleuses et mythiques qui depuis la nuit des temps avaient reliées les hommes au ciel, à la terre, à l’histoire des anciens. Les hommes arrachés aux liens du passé, de la terre et du ciel, se virent soudain tout à fait seuls, rois au centre d’un univers étrangement vide, un désert aride, seuls rois du néant. Guidés par la raison et la science, ils eurent la vision grandiose d’un monde évoluant sans cesse vers le progrès, qui les libérerait enfin après une si longue course dans les ténèbres de toutes les contingences. Maîtres incontestables de la terre et du ciel, ils voguaient, ivres, vers le paradis sans limite.
  
Dans leurs écoles, on apprenait aux enfants comment devenir les bons rouages d’une machine fabuleuse filant vers la lumière, la liberté. Insensiblement pourtant, un doute s’insinua. On avait beau dire et répéter partout à travers le monde que l’humanité était en marche certaine vers le bonheur, on voyait bien que quelque chose clochait. Le bonheur promis et même garanti échappait encore et toujours, quand on croyait l’avoir enfin là à portée de main, il se dérobait, pas moyen de se l’attacher. Les hommes se décharnaient, exsangues, ils dépérissaient, rongés par un mal étrange ; angoisses, désespoir, violence se généralisaient, s’étendaient de proche en proche. Un sentiment de solitude atroce et de non-sens terrifiant envahissaient les cœurs. Pourtant on avait tout prévu, planifié, organisé, science et raison, main dans la main montraient la voie, et aux hommes perdus, disaient, confiants et protecteurs : " Ne vous inquiétez pas, n’ayez crainte, rassurez-vous, d’ores et déjà nous avons réussi à maîtriser la vie, le monde, laissez-vous conduire, nous connaissons le chemin et nous vous guiderons. "
 
 
Les hommes devenus trop faibles, mangés de néant, se déchargeaient sur ces hommes d’autorité. Puisqu’eux savaient où on allait, il suffisait de les suivre. Les hommes abandonnèrent leur sort entre les mains de ces éminentes figures ; les Spécialistes. C’est que l’humanité avait fait un tel bond grâce aux lumières de la science, que l’homme ordinaire, dans l’incapacité d’intégrer un tel progrès, renonça à comprendre quoi que ce soit à ce monde qui allait vraiment trop vite pour lui. Pourquoi s’épuiser à comprendre quand les Spécialistes étaient là garantissant le bon chemin. Les hommes exsangues, décharnés, désespérés se rétrécirent comme peau de chagrin, fétus dérisoires jetés seuls au cœur de l’univers. Plus de légendes merveilleuses pour enchanter le cœur, plus de mère Nature offrant sa source vivifiante, plus de ciel où contempler le Mystère et aller respirer un éther sans limite, le monde soudain s’était vidé et l’on avait beau piller la terre, sucer le sang de ses voisins, juste demeurait le vide. Dehors et dedans. Vide.
  
Bien sûr, on entendait çà et là des voix dissonantes, fous, guerriers, illuminés qui affirmaient sans repos que l’on s’était trompé de chemin, des idéologues de tous bords venus de la science, de la religion ou de la politique, qui prétendaient à leur tour montrer le bon chemin.
  
Un mouvement émergea de ce chaos, son aspiration se résumait ainsi : Réenchantons la vie. Plus qu’un véritable mouvement organisé, c’était plutôt une douce et lente lame de fond. Des hommes, de ci de là, souvent isolés, souvent solitaires, muets face au miracle de la vie, émerveillés des beautés du ciel et de la terre, s’éveillaient dans un autre monde, peuplé de richesse et de beauté, plein de sens, où tout ce qui est vivant se relie à la grande spirale de la vie.
  
Les autres leur disaient : " Pleutres, vous avez peur du vide, vous tremblez comme des enfants et vous inventez un monde chimérique pour vous rassurer. Regardez, vous voyez bien que l’univers est vide et que nous sommes les seuls maîtres. "
  
Evidemment cela ne les décourageaient pas de continuer le chemin qui s’ouvrait sous leurs pas et de toute façon, ils n’en voyaient aucun autre. Ce chemin était fait d’ombre et de lumière, chemin abrupt qui parfois disparaissait soudain et les laissaient perdus. Chemin de solitude aussi. Mais non pas la solitude vide du néant de l’autre monde, celui des Spécialistes, non, un chemin habité de créatures parfois étranges et toujours inconnues, un chemin de vie de la source à l’océan. Ils se laissaient guider par d’autres nécessités, ils s’abreuvaient à une autre source, une source réellement désaltérante qui renouvelait leur force et leur courage. Ils étaient guidés par cette foi profonde que la vie appelle la vie, que l’amour appelle l’amour, que la mort certes transforme tout, le temps venu, mais que toujours l’amour se renouvelle et accomplit ses œuvres.
  
Certains se regroupaient en petites communautés pour se consacrer pleinement à cette voie exigeante. Eux aussi on les traitait de lâches, disant qu’ils n’avaient pas le courage d’affronter les réalités de la vie. Mais peu leur importait car ils avaient foi en ce que leur chuchotait leur cœur. Ils devaient ouvrir la voie pour faciliter le passage à ceux qui ne voyaient pas, à ceux qui n’entendaient pas l’appel, à ceux qui n’avaient aucune idée du but. Hors des chemins fréquentés, des routes inscrites sur les cartes, ils suivaient d’obscurs documents anciens presque réduits en poussière par le temps et l’oubli. Et surtout ils se fiaient à eux mêmes ; leurs sens, leur cœur, leur esprit s’ouvraient autant qu’ils leur étaient possible de le faire, ils devenaient vases pour contenir les secrets de l’univers. Ils recherchaient leurs racines, celles de la terre et celles du ciel, ils retournaient humblement vers leur mère nourricière et leur père céleste, les genoux en terre et le cœur tourné vers les étoiles, ils chantaient leur gratitude infinie, ils remerciaient pour le don de la vie, ils demandaient à devenir les serviteurs de la force qui anime le monde et le cœur de l’homme.
  
Il ne faudrait pas croire qu’il s’agisse là d’un simple retour en arrière, un retour à l’enfance de l’humanité. Dans les temps d’errance à travers le néant, ils avaient grandi, ils n’étaient plus tendres nourrissons, dépendants pour leur survie des plus forts. Certes, ils étaient loin encore de la maturité mais ils voulaient bien grandir et c’était même leur vœu le plus cher, suivre le chemin de la croissance. Ils cherchaient à unir en eux la lumière de la sagesse du ciel et de la terre à celle de la raison et de la science de l’homme. Et n’allez pas croire qu’ils voulaient réaliser un mariage de raison, il s’agissait avant toutes choses d’un véritable mariage d’amour. Unir dans l’amour l’homme, la terre et le ciel pour qu’ils deviennent un seul corps, une seule âme et un seul esprit. Il n’était plus question d’être le rouage d’une machine mais la cellule d’un corps. Il leur fallait indiquer un sens et par dessus tout rester fidèles au chemin, à la vérité et à la vie. Et ils allaient sans bruit, sans se faire remarquer. Ils allaient leur chemin vers la lumière dans l’espérance folle que les hommes un jour lassés des chemins obscurs les suivraient vers la clarté éblouissante qui se révélait dans leur cœur d’enfant.


Par miss pioui
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 24 février 2008

 

 La fin du monde a-t-elle eu lieu ?

1e partie

Notre grand reporter N. Piscator revient sur la grande énigme de notre temps. La fin du monde a-t-elle eu lieu ? Que s’est-il réellement passé ?

  Ninon Piscator, obsédée de longue date, par une mystérieuse Opération Dazibao, boucle la boucle de ce long et patient travail d’investigation, par la rencontre du très respecté Docteur es Science Transdimensionnelle, Nobel Feuillu du Nouveau Monde, Nathanaël Phœnix. Elle nous livrera les détails et la conclusion de ses recherches*.

* Nous publierons prochainement les archives secrètes de NP sur l’extraordinaire Opération Dazibao

 §§§

Le Nobel Phœnix témoigne ici de sa propre expérience de l’événement. Il nous révélera dans une prochaine communication, sa découverte d’une loi de l’univers jusque là  inconnue: la courbure de la pensée transforme radicalement la réalité concrète.

  Le récit du Docteur Phœnix :

  Cette nuit là, j’avais travaillé très tard dans mon laboratoire, à reconsidérer encore une fois, l’ensemble de mes travaux pour les exposer le plus clairement possible au Professeur Pipistrelle. Je rassemblais mes observations les plus significatives dans un épais dossier et commençais à réfléchir au phénomène étrange, rapporté par le Professeur, de la diffusion de pensée courbe, en pays cévenol. Visiblement, quelqu’un là-bas avait trouvé un moyen de diffuser la Pensée Courbe dans l’atmosphère afin qu’elle se répande naturellement et entre en résonance avec tout ce qu’elle toucherait. C’était absolument génial et je brûlais de voir ça de plus près.

 Cette nuit là donc, insensiblement la nervosité m’envahit, la lune était pleine et baignait mon labo d’une clarté étrangement vive, au point que j’eus l’impression qu’il faisait grand jour. Un rapide coup d’œil à la pendule, presque 5 heures, le soleil ne se lèverait que dans 2 heures. J’étais de plus en plus désorienté, vaguement nauséeux, j’avais la sensation que les contours de mon corps s’estompaient peu à peu. Depuis quelques temps déjà, j’étais sujet à de vagues malaises, pertes de repères dans le temps ou l’espace, accompagnés de manifestations physiques, tels que palpitations, bouffée de chaleur, douleurs intenses dans la nuque ou derrière les yeux. Plongé corps et âme dans ma recherche, je ne m’en étais guère soucié, un peu de surmenage sans doute, je me reposerais dès que j’aurais trouvé la preuve ultime confirmant mes hypothèses. J’avais l’intuition ou l’intime conviction que j’étais tout prêt de la vérité.

 Je me mis à interroger la nuit, je projetais mon esprit au dehors. Les limites habituelles de mon champ de perception venaient d’exploser, ma conscience s’élançait instantanément là où se dirigeait ma pensée. Pensais-je à quelqu’un, il apparaissait devant moi. Pensais-je aux étoiles, je voyageais en apesanteur dans le cosmos. Pensais-je au grand cyprès gardien de mon domaine, je sentais sa sève couler dans mes veines.

 J’eus une pensée pour mon père, décédé depuis trois ans, dont je poursuivais les travaux. Je le vis, confortablement installé, comme à son habitude, dans le vieux fauteuil club où il aimait prendre un digestif après le dîner. Il me disait que le temps des retrouvailles était venu.

 Rien de tout cela ne me surprenait, j’étais à présent parfaitement détendu, je me sentais infiniment vivant, l’esprit et les sens en éveil, je me dilatais, dilatais, toutes les limites de temps ou d’espace abolies.

 J’aperçus l’horloge, encore quelques secondes et il serait cinq heures. Tout ce que je venais de vivre s’était déployé le temps d’un souffle, je restais fasciné par l’horloge, le regard captif de l’aiguille, tournant inexorablement autour de son axe. Un cercle parfait, à l’intérieur duquel tout est contenu, à chaque mouvement de la trotteuse, je chevauchais un nouveau rayon de la création, je tournais, tournais, tournais…

 Quand je repris conscience, je me sentis à nouveau désorienté, nauséeux, j’avais dû m’assoupir sans m’en apercevoir. Je fermais les yeux, le temps de reprendre mes esprits, tout en douceur. Puis je m’éveillais tout à fait, à l’aube, au pied d’une cascade, la lumière du soleil étonnamment chaude, vivante, m’enveloppait, nourrissante. L’eau si limpide m’appelait. Sans savoir comment, j’étais nu, faisant la planche. L’eau libérait toutes les tensions, les malaises, les fatigues. J’étais si léger, si vivant, si paisible, transparent.

 Mon cœur débordait d’une joie que je ne pouvais contenir. Je m’entendais répéter inlassablement, " je suis enfin rentré à la maison " et des torrents de larmes jaillissaient de mes yeux. J’étais bouleversé de gratitude, " je suis né à nouveau " et cette révélation explosa dans tout mon être, " je suis devenu une étoile rayonnante " et je sus que tout était parfait. J’avais rejoint les rivages de mon paradis, la sublime terre de mes rêves d’enfant, une nature vierge de toute dégradation, toute souillure, tout mal.

 Je ne manquerai plus jamais de rien, tout était là, à jamais.

 A suivre, dans la 2e partie :

 La courbure de la pensée est à l’origine de la transformation radicale du monde. Les explications lumineuses du Docteur et Nobel Feuillu, Nathanaël Phœnix et du Professeur Nature Pipistrelle lèveront définitivement le voile sur l’énigme de la fin du monde.

à DJP, mon père
à AM, mon frère

Par miss pioui
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 24 février 2008
 
La fin du monde a-t-elle eu lieu ?

2e partie 

  §§§

 
Rencontre au sommet entre deux chercheurs de génie, le découvreur d’une nouvelle loi de la physique transdimensionnelle relative à la courbure de la pensée et l’inventeur du Capteur PEP

§§§
 
Le Professeur N. Pipistrelle, Directrice de l’OPEP, l’Observatoire des Productions et des Effets de la Pensée, Inventeur du remarquable Capteur PEP et Fondatrice du Front de Libération de la Pensée, s’entretient avec notre éminent Nobel Feuillu, Nathanaël Phoenix, Docteur es Science Transdimensionnelle, découvreur d’une nouvelle loi de l’univers : la courbure de la pensée transforme radicalement le monde sensible.

 

- Vous savez, j’ai repris les travaux de mon père, J.D.P., un homme de génie, qui sa vie durant n’a eu de cesse de découvrir un remède à la folie destructrice de ce monde. C’était chez lui une véritable obsession, née de la conviction intime qu’il existe dans la conscience humaine un ressort secret capable d’inverser ce processus de dégénérescence.
 
C’était un homme tout à fait remarquable, habité par sa vision libératrice, il se donna à sa recherche corps et âme, surmontant toutes les difficultés, avec une détermination exceptionnelle. Très en avance sur son époque, il dut subir les moqueries et le mépris du milieu scientifique bien pensant. Il traversa de longues périodes de misère et d’isolement intellectuel, mais continua sans faillir son travail, dans la solitude la plus complète.
 
Il faut dire qu’il était doté d’une intelligence hors du commun, d’une puissance visionnaire synthétique plutôt qu’analytique, ce qui allait totalement à contre-courant de l’esprit de recherche du siècle. Défié en permanence par les attaques de certains, acharnés à le ridiculiser, il s’aperçut peu à peu qu’un nouveau mode de pensée, lui permettait non seulement d’absorber les critiques sans en souffrir mais encore, par effet boomerang, de retourner à l’envoyeur les germes d’une conscience élargie. Il développa inlassablement cette faculté transmutatoire de la pensée et cela jusqu’à son dernier souffle.
 
A sa mort, c’est tout naturellement que j’ai repris le flambeau et poussé plus loin ses investigations. J’étais déjà bien entraîné à transformer mes pensées de sorte qu’elles deviennent des outils de création en cohérence avec mes valeurs les plus essentielles. C’est d’ailleurs, d’une simplicité purement enfantine, à la portée de tous. La transmutation a lieu à l’instant même où toute pensée de peur, de colère, de rejet est courbée par une pensée d’acceptation, d’amour, de confiance. Alors l’esprit se déploie si largement qu’il embrasse l’univers et dans cette communion, voit toutes limitations et impossibilités instantanément s’évaporer.
 
Un incident étonnant m’amena à la conviction inébranlable que cette faculté de " penser courbe " agit sur la conscience mais aussi sur la matière. Plus j’expérimentais profondément la courbure et plus je voyais les circonstances extérieures de mon existence la plus tangible se transformer à mon avantage, comme si j’attirais à moi les moyens les plus favorables à mon épanouissement .
 
Je consacrais chaque jour une heure ou deux de mon temps à soigner mon jardin. J’eus l’idée de pratiquer la pensée courbe sur le monde végétal. Je me mis à parler aux tomates, je les encourageais dans leur croissance, leur murmurais des mots doux, comme un amoureux à sa dulcinée. Je les écoutais aussi et m’aperçus qu’elles me répondaient. Je ne les entendais pas parler comme vous et moi, mais je sentais leur délicate et chaleureuse reconnaissance et avais l’intuition des soins à leur apporter. Mon jardin produisit cette année-là les tomates les plus magnifiques que j’ai jamais vues, non seulement par leur aspect extérieur mais par leur qualité nutritive exceptionnelle. Je compris alors, sans l’ombre d’un doute que tout être vivant, humain, animal, végétal et même minéral, réagit semblablement à la pensée courbe. Je continuais à expérimenter tous azimuts : mon chat, le cyprès gardien du lieu, ma femme de ménage, les moustiques, les cristaux, ma pipe, ma voiture, la rivière… Et partout les effets de la courbure se manifestaient, remarquables.
 

C’est alors que je lus un article sur le Professeur Pipistrelle et sa merveilleuse invention du capteur PEP (Productions et Effets de la Pensée) qui permettait de mesurer scientifiquement, ce que j’avais perçu empiriquement. Je la contactais sans tarder pour partager les fruits de nos recherches et travailler de concert. Son assistante me proposa une rencontre la semaine suivante. J’étais très excité, nous étions à l’aube d’une avancée majeure de l’espèce humaine et mon cœur exultait littéralement d’allégresse. Je pensais à mon père et voyait se profiler l’aboutissement glorieux de ses recherches.
 
C’est dans la nuit qui suivit, que je fis cette expérience prodigieuse de renaissance dans un monde entièrement renouvelé…
 

- Professeur Pipistrelle, pouvez-vous nous expliquer ce qui est arrivé cette nuit-là ?
 
- Oui, en effet. J’étais restée à l’Observatoire très curieuse de suivre heure par heure les effets de la Coupe du Monde des Forbans enregistrés par le Capteur PEP. J’avais pour hypothèse que si notre pays était vainqueur, la vague de joie et de fraternité qui suivrait pourrait faire basculer le pays dans une autre dimension.
 
Dès l’annonce de la victoire, le réservoir des pensées de peur commença à se vider, tandis que le réservoir des pensées d’amour se remplit si vite qu’en moins d’une heure il débordait. On aurait dit que le pays tout entier, fusionnant en liesse, venait par là même de transfigurer la conscience planétaire par une sorte d’overdose d’amour. Chacun, cette nuit-là, baignant dans la joie la plus pure, put traverser le voile et atteindre son Eden. L’expérience fut bien évidemment absolument unique pour chacun, mais tous nous en fûmes transformés à jamais et le monde entièrement renouvelé de l’intérieur.
 
Une nouvelle ère commence dès maintenant grâce à l’élargissement de la conscience individuelle, se percevant non plus comme élément isolé mais comme faisant partie d’un ensemble, comme cellule d’un immense corps planétaire. Imaginez ce qu’il adviendra quand chacun prendra sa juste place dans l’ensemble et remplira son rôle spécifique comme le font toutes les cellules de notre corps formant un chœur parfait…
 
Le monde tel que nous l ‘avons connu, aussi loin que remonte la mémoire des hommes, est à jamais révolu. La mutation de l’espèce humaine et de la planète terre est en marche et plus rien ne saurait l’arrêter, dès lors que le soleil de l’amour infuse la conscience des hommes.
 
Le nouveau monde vient de naître.
 
A suivre… L’enquête remarquable de notre envoyée spéciale en pays cévenole, qui est peut-être, le foyer d’émission originel de la pensée courbe, initiant le saut quantique que nous venons de vivre.

 

Ninon Piscator, en directorial de l’OPEP
Par miss pioui
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

funambulons!

 
 
 
*
 
1
se
tend
PRESENT
fun en bulle
en bulle hante
humble huante
embue lente
fœhn ambulant
faune en bu lent
harmonique
invisible
 
 
*
 
 
" Ce que tu gardes
est perdu à jamais.
Ce que tu donnes
est à toi pour toujours."
 
Proverbe soufi
 
 

Profil

  • : miss pioui
  • : j'aime, je réfléchis, je m'amuse, je rêve, je philosophe, je poétise, je remercie, je me réveille, j'appelle, je ris, je pleure, j'invente, je me libère, je m'adresse...

tu m'as dit...

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus