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Mesdemoiselles, mesdames et messieurs, je suis fier et honoré de vous convier tous à participer au grand Tirage aux Sorts du Nouvel An,
surtout célèbre comme Jeu du " Stop ou encore ? ", la célébrissime Foire aux Métamorphoses du Jour de l'An.
Mesdemoiselles, mesdames et messieurs, je vous le demande, allez-vous enfin en oo8 vous décider à changer de peau, de lieu, de façon
d'être, de moyens d'action, d'habitudes, de goûts ou d'espérance ?
Etes-vous prêts à entrer dans la danse, à choisir vous-mêmes les couleurs de votre avenir comme à en assumer les conséquences sans regret
ni réclamation ultérieurs ?
Faites vos choix, mesdemoiselles, mesdames et messieurs, la roue tourne… N'attendez plus, le temps presse, qu'allez-vous décider ?
Allez-vous dire : Stop ou encore ?
Projets inaboutis, rêves en déshérence, souvenirs poussiéreux, chagrins d'amour désuets, pâles regrets, ambitions contrariées, attaches
douloureuses ?
Les chargerez-vous encore dans votre hotte pour une nouvelle année ? A vous d'en juger !
Qu'allez-vous vous accorder " Pour le meilleur ou pour le pire " ? Ca vaut la peine de s'y arrêter, n'est-ce pas? Alors qu'en dites-vous
: Stop ou encore ?
L'amour, la famille, les amis, la maison, le boulot, les plaisirs, les engagements, les devoirs, les obligations, les désirs, les rêves,
les corvées, les pièges, les manques, les joies ?
Faites le tour complet du cercle de votre vie… A quoi voulez-vous dire " Stop ou encore ? "
Que désirez-vous vraiment, qu'est-ce qui vous inspire le plus, vous donne de l'élan, du plaisir, flamme et légèreté?
Qu'est-ce qui vous pèse, vous étouffe, vous retient, vous pompe, vous écœure, vous éteint ?
Faites vos jeux, mesdemoiselles, mesdames et messieurs, la roue tourne… Allez-vous tenir ou lâcher, décréter Stop ou
encore ?
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- Eh, t'entends ça ? Il est complètement givré ce type, carrément gonflé, un drôle de provocateur ! On dirait un prêcheur faisant la retape
devant la roulette d'un casino de Monte Carlo ou un fou errant interpellant le badaud devant les cibles des stands de tir à la foire du trône ou encore un camelot verbeux officiant dans le
cabinet d'un psy à la mode… Il a complètement déplafonné le pauvre !
Incroyable quand même qu'on ose confier une émission de grande écoute à un tel barjo! Je crois qu'ils sont tous devenus complètement cinglés
là-bas, totalement déboussolés, hallucinés par leurs miroirs aux alouettes…
Je ne voudrais pas te vexer, mais ton monde, personne ne choisirait d'y vivre si on lui laissait le choix. Jamais vu une pareille concentration
d'aberrations, ça dépasse tellement l'entendement qu'on arrive même pas à l'imaginer!
Je me suis déjà demandée si par hasard ce ne serait pas une espèce de planète – prison ou de planète de quarantaine, et puis de nos jours ça
finit par ressembler à une planète - poubelle, tu crois pas?
D'accord c'est super super grand, immense même, OK. Mais quand même, quand tu peux pas t'en aller de là où tu es, moi j'appelle ça " être
enfermée ". N'ayons pas peur des mots, un chat est un chat, non ? On va pas se voiler la face toi et moi ! On est bel et bien coincées sur cette putain de planète d'aliénés? Ou bien? T'as fini
par trouver la sortie et t'as oublié de me le dire mais tu vas nous extraire de ce mauvais pas, promis, juré, craché? Non, je plaisante, te bile pas, ce n'est pas une rechute... Je suis gonflée à
bloc, appelle-moi Peps, s'il te plaît, nouvel an, nouveau nom. Logique! La môme Peps, ça swingue bien, non?
N'empêche, c'est pas con son truc au prêcheur, quand même ! Hein, tu m'écoutes ? Qu'est-ce que tu en dis, toi ? Il est hyper trop bizarre ce mec
!
- Il te propose de vider ton sac, d'étaler tout ça autour de toi pour bien examiner chaque chose en particulier, l'une après l'autre, sans rien
dédaigner, tout en gardant la vision d'ensemble...
Oui, ça tient la route son histoire. Imagine que tu prépares ton paquetage pour une destination nouvelle, inconnue… Sûr que tu as envie de faire
le tri très sélectif de ce dont tu as réellement besoin… Pas la peine de continuer à traîner vitam eternam derrière toi des choses qui n'ont plus d'utilité ni d'intérêt et qui risquent à
contrario d'entraver ta liberté d'être ou d'agir… Ca se défend comme raisonnement…
C'est un peu comme quand tu déménages, tu passes tout au crible, tu en profites pour faire le point, tout le tour de la question, en long, en
large et en travers… Grand tri, grande lessive… Lâcher de lest… Nouvel élan...
- Vu comme ça, ça semble évident.
Tu le savais toi que plein de gens portent les paquets d'autres personnes - qu'en plus des fois ils ne connaissent même pas ? C'est pas dingue ça
? Faut pas être gravement tordu pour faire des trucs pareils ou méchamment maso, du genre de la chanson que tu aimes bien, tu sais l'enragée qui chante : " Fais moi mal Johnny, Johnny, Johnny… Moi j'aime l'amour qui fait Boum ! " ?
- Oh que oui, je le sais ! Quand tu dis plein de gens t'es très très largement en dessous de la vérité. Tu peux dire "à peu près tout le monde", exceptés quelques êtres tout à fait hors du
commun… Ceux-là, ils ne courent pas les rues, je te le garantis… Sans parler de tous ceux qui sont déjà morts depuis des lustres...
- Chaque existence recèle un paysage que l'on peut aimer contempler…
On s'attache à son paysage familier, on se reconnaît en lui, beau et laid, parfois l'on s'imagine même qu'il nous représente…
On a peur de n'être rien sans lui - démuni, fragile, perdu…
Dangereusement nu…
Je crois que c'est pour cela que malgré tout chaque année on re-signe, tacitement, sans s'en apercevoir les mêmes contrats stockés comme toujours
dans les mêmes valises fatiguées, déformées, avachies, mais tellement rassurantes…
Les gens, tu sais, ils me font vraiment de la peine, ils ont tellement l'air d'aimer leurs souffrances qu'ils leur restent fidèles quitte à en
crever… C'est terrifiant, tu trouves pas ?
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Attention, mesdemoiselles, mesdames et messieurs, notre Grand Orchestre va rejouer maintenant, ici même, pour vous, peut-être pour la toute dernière fois ce soir,
l'antique valse " Mêmes causes, mêmes effets ! ". Tournez manège ! Approchez-vous, n'hésitez plus.
Venez participer au Grand Tirage aux Sorts 008, la très fameuse Foire aux Métamorphoses. Ne soyez pas timides, avancez donc ! La roue
vous attend… c'est maintenant à vous de choisir… Soyez particulièrement attentifs, tout votre avenir en dépend…
Qu'êtes-vous prêts à vous permettre en l'an 008 ?
Direz- vous: Stop ou encore ?
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- Bien sûr que c'est terrifiant ! Ca n'a pas traumatisé que toi, je te rassure, tu es loin d'être la seule ! J'en ai vu aimer infiniment plus d'obscurs drames remontant à la nuit
des temps que leurs propres enfants ou leurs soi-disant conjoints chéris! Tu parles! Ca empeste la mort à des kilomètres à la ronde, t'oses même plus respirer, ça te colle la chair de poule…
Ceux-là je les fuis comme la peste bubonique et la rage et le choléra…
Tu sais, ce que dit le type à la radio? Je l'ai fait… Si j'te jure ! Je ne m'en étais pas rendue compte sur le moment, mais maintenant je vois
que je l'ai fait. Tout l'automne, de la cave au grenier, grande revue de la générale. Quand je te dis je l'ai fait, c'est façon de parler, parce que la vérité c'est que ça s'est fait tout
seul.
… C'est bizarre, des fois par exemple, je parle, je lis, j'écris, je rêve, je cuisine, je suis très concentrée sur ce que je fais, et bien à
l'arrière plan ça travaille, autonome, indépendant. Dans ces moments-là, j'ai l'impression d'avoir un ordinateur dans le crâne, qui effectue les tâches programmées sans se soucier de moi le moins
du monde, tu sais un peu comme l'intelligence artificielle de la robotique…
- Tu as l'air d'oublier que je t'ai suivi à chaque pas de ta visite, j'ai tout vu, tout entendu. Je suis toujours là, n'oublie pas. Ce n'est pas
parce que tu ne penses pas à moi que je disparais pour autant. Je suis toi, c'est tout.
- Excuse, la môme Peps! c'est parce que j'adore discuter avec toi, j'ai toujours besoin de t'expliquer ce que je vois, j'ai besoin de ton avis,
tu comprends ? Toi, tu restes à part, tu regardes forcément autrement puisque tu n'es pas dedans. Tu as une sacrée chance, tu sais, tu n'es pas piégée dans cet invraisemblable jeu de miroirs à la
con…
Ecoute, cette fois, je suis tout à fait décidée. Cette année on s'associe à parts égales toi et moi, on travaille main dans la main, on se dit
tout. Genre sœurs siamoises, enfin, on forme un tandem quoi, style 2 en 1, OK petite sauvageonne ?
- OK. Tu sais, ton super inventaire ? J'étais présente, je l'ai déjà dit, mais rappelle-moi, qui faisait les choix, toi, moi ou toi et moi ?
Oui… Je vois que tu comprends où je veux en venir… Allez, Go !
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En piste, mesdemoiselles, fantastique! on y retourne, faites vos jeux…
Attention, la roue tourne… Ca va très vite, de plus en plus vite…
Ne réfléchissez pas trop longtemps, le temps presse, soyez folles !
Décidez-vous mesdemoiselles, c'est maintenant ou jamais…
Osez l'impossible, alors que nous dites-vous : Stop ou encore ?
tu m'as dit...